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Désiré Porquet: il faut de nouvelles CEI

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 La restructuration des CEI locales s’impose. C’est la suite logique des choses. Quand vous changez le maitre d’orchestre comme c’est le cas, vous ne pouvez pas ignorer les musiciens, les responsables gèrent les CEI locales au quotidien. Si les CEI locales ne subissent pas de restructuration, ne serait-ce qu’au niveau des élections à leur tête, les mêmes pratiques vont continuer sur le terrain. Si un président de CEL a bien fait son travail et qu’il est reconduit, on en prendra acte.

Recomposition de la CEI locale

Il n’y a pas eu recomposition de la CEI. Il y a eu seulement de nouvelles personnes qui ont fait leur entrée pendant que ceux qui occupaient ces postes se sont retirés. Nous aurions souhaité une recomposition totale de la CEI mais quand on va à des négociations, il faut toujours s’attendre à faire des concessions. Ce sont donc seulement les hommes qui ont changé. Avec les différents accords qu’il ne fallait pas remettre en cause, on a laissé tout cela en l’état. Pour ma part, je suis très satisfait du choix du ministre Youssouf Bakayoko que j’ai toujours apprécié pour sa discrétion et son sens élevé du devoir. Je ne l’ai jamais vu dans un discours incendiaire, en train de défendre telle ou telle cause perdue. Cet homme fait preuve d’une honnêteté telle que ses mandants eux-mêmes ont peur de lui.
On le félicite pour ses qualités qu’ils ont peur déjà. Ils ne peuvent pas comprendre qu’on peut être l’adversaire de quelqu’un et reconnaitre ses mérites. Chacun a sa culture et ce n’est pas le ministre Gnamien Yao qui dira le contraire, lui qui a été éjecté du gouvernement parce qu’il était trop souvent cité en exemple par le président Laurent Gbagbo.

C’est comme si vous êtes dans un milieu et quelque chose se perd. Alors on voit quelqu’un qui est tout le temps excité. Faites attention à ce dernier ; ne cherchez pas loin. C’est sans doute lui qui est l‘auteur du vol. Le RHDP était trop sur de son affaire. C’est pourquoi partout, ses membres n’ont fait aucune réclamation dans le cadre du contentieux.

C’est le FPI seul qui a fait des réclamations partout sur le territoire national. Tout cela était bizarre et devait interpeller les uns et les autres sur ce qui se tramait. S’il n’avait point de réclamation à faire sur cette liste qui commence à livrer son secret, c’est parce qu’ils savaient ce qu’ils préparaient. Le ministre Assoa Adou que j’ai accompagné dans sa circonscription a découvert des choses impensables, inimaginables. Cette liste doit être revue et corrigée.

Quel fonctionnement des CEI locales ?

Non, il n’y a pas de recomposition; puisqu’on s’est basé sur l’accord de Pretoria. Nous aurions voulu cela parce que cette composition donne le FPI d’un côté et les autres d’un autre côté. Même les FN, c’est dans leur rang. MPCI, MPIGO, MJP, cela fait trois. Vous avez le PDCI, le RDR, le MFA etc. même le PIT. La présidence, l’assemblée nationale et autres institutions sont représentées mais sans droit de vote. Sur douze, le FPI ne peut compter que sur l’UDCY. On aurait donc voulu que les représentants des institutions votent mais ce n’est possible avec le cadre actuel de l’accord de Pretoria. Il s’agit donc de mettre l’accent sur le choix des hommes. Il y a un consensus qui se dégage aujourd’hui autour de la personne du président Youssouf Bakayoko. Il est du PDCI et non du FPI. Mais j’insiste qu’il faut espérer qu’il y ait d’autres Youssouf Bakayoko au niveau ces CEI locales. Et non ces personnes aujourd’hui à la tête de ces structures. Sans éducation et ne connaissant surtout pas l’étendue de leurs prérogatives. Les instructions qu’ils reçoivent de Djédjé Mady et autres sont telles qu’on ne peut rien tirer de ces personnes. Ils sont arrogants et irrespectueux vis-à-vis des institutions de l’Etat. Des hommes comme lui, et qui veulent travailler pour l’intérêt de la nation, on peut en trouver partout.

Le PDCI a-t-il pêché par manque de méthode ?

Beugré Mambé a reconnu qu’il y avait des dysfonctionnements au sein de la CEI qu’il dirigeait. Mais le PDCI et le RHDP n’acceptent pas cela. Ils disent qu’il n’a jamais reconnu. Et ils ont initié des actions de rue pour l’imposer et créer le désordre dans le pays. Ils ne voulaient pas que l’enquête lancée au sujet des dysfonctionnements à la CEI aille à son terme.

Pourquoi pas une enquête avec les Nations Unies ?

Mais les nations unies sont là. Ils sont informés de tout ce qui se passe depuis le début. Qu’est-ce qu’elles ont dit des marches alors que le représentant spécial du secrétaire général de l’ONU. Elles n’ont pas levé le petit doigt.

Intervention du ministre Assoa Adou : Il fallait bien commencer par des enquêtes mais elles ont bien eu lieu. Au cours d’une rencontre entre Mambé, le premier ministre et le président de la république, en présence de M. Choi, Mambé a reconnu les faits qui lui étaient reprochés. C’est quand Mambé a reconnu publiquement les faits qu’il a décidé d’agir. Lorsque le ministre de l’Intérieur a demandé qu’on enquête, des équipes sont patries chez moi à Abengourou. Suite à leur investigation, ils ont trouvé que Mambé avait fait valider sur la liste plus de 1600 personnes. Le président de la CEI, quand on lui avait posé la question de savoir s’il y avait eu introduction de noms frauduleux sur la liste, le président de la CEL a dit non.

Lorsque les informaticiens enquêteurs ont réexaminé la liste, ils ont découvert que le cas de 1600 personnes figurant sur la liste avait été réglé par seule introduction. C’est pourquoi on demande qu’il y ait des changements au niveau des CEL. Ce n’est pas seulement un problème de 429 000 inscrits, la liste est mauvais sur toute la ligne.

Quand nous faisons des réclamations sur la liste électorale dans tous les cas, nous obéissons au mode opératoire. Tout sachant peut faire une réclamation sur la liste provisoire affichée par la CEI ; voilà ce que dit le mode opératoire. Mais ce qu’on a constaté, c’est que les présidents des CEL qui sont RHDP rejettent ces réclamations. Nous ne remettons pas en cause le mode opératoire mais son fonctionnement qui n’est pas normalement. S’il fonctionne normalement, il n’y a plus de problème.

Contentieux électorale : le FPI trop excité ?

Nous n’avons pas été bruyants. Nous avons fait ce que le mode opératoire nous demandait. A savoir vérifier les listes. Et puisque tous les partis politiques sont représentés dans les CEI locales, il revenait à chaque partie de faire ses réclamations. Mais ils ont démissionnés parce qu’ils avaient un plan B. la preuve, avant même que Mambé ne la reconnaisses publiquement, s’est avérée. Les preuves ne manquent pas.

Le FPI, au c?ur de l’impartialité des commissaires locaux ?

Cela se voit qu’on n’est pas de la même culture politique. Au FPI, on ne se renie jamais. On ne demande à personne de nous faire allégeance. La moindre des choses, c’est que quand il y a des autorités qui se déplacent dans une CEL comme ce fut le cas des ministres Amani, Assoa et Moi-mêmes dans une localité de l’intérieur, le président local qui a été informé à l’avance mobilise son équipe pour les recevoir et recueillir leurs préoccupations. C’est tout. Quelle qu’elle soit, c’est le président de la CEL qui doit la recevoir. Et pour ça, n’allez pas demander qu’il y ait une règle établie. C’est une question d’allégeance.

J’ai de grands amis au RDR, je ne parle pas du PDCI que nos parents ont créé. Ce n’est pas parce que l’autre est RDR que quand vous avez des rapports avec lui vous vous compromettez. Non. Le ministre Amadou Gon Coulibaly est un grand ami. Quand je partais le voir au ministère, les gens s’étonnaient de nous voir causer de longues heures. Pourtant il est RDR et moi je suis FPI et chacun est respecté dans son parti. Cela ne nous enlève rien. On n’a pas besoin de ces étiquettes pour faire ce travail. Surtout quand on est payé pour ça.

Nouveau président de la CEI : le FPI ne tombe–t-il pas trop vite amoureux ?

Le général Thomas d’Aquin disait qu’il ne faut pas confondre la vérité théorique et la vérité pratique. Nous sommes en politique et n’oubliez pas que le FPI est seul contre tous. Notamment des Ivoiriens comme Djédjé Mady qui demandent qu’on mette la Côte d’Ivoire sous tutelle.
Négocier, c’est donner et recevoir. Il y a des facteurs qui font que celui qu’on prenait pour un homme gentil peut montrer un autre visage. On apprend à se connaitre. Alors que voulez-vous que je reproche aujourd’hui à un monsieur comme Youssouf Bakayoko ? Il y a eu un consensus autour de sa personne. 52 ans de diplomatie ; et beaucoup ne savent même pas qu’il a été ministre. Et il y a son background. A priori, on doit lui faire confiance. N’oubliez surtout pas que nous avons fait trente ans dans l’opposition et nous avons appris à nous adapter à des mécanismes.

Elections et désarmement : une réalité avant les élections ?

On est pressé d’aller aux élections et d’avoir des ministres FPI qui vont appliquer le programme de société pour lequel Gbagbo sera élu. Le désarmement, c’est normal. Il est inscrit dans les accords et il est temps de l’appliquer. C’est la CEI qui fixe la date des élections en tenant compte de certains critères. Elle fait trois propositions au nombre desquelles le président de la république fait un choix qu’il entérine par décret. On ne peut pas reprendre à zéro la liste électorale mais nous devons la purger. Et c’est ce que nous allons faire.
Il faut faire confiance à Youssouf Bakayoko qui a servi le pays loyalement. Il y a des villages entiers qu’on ne retrouve pas sur la liste. Le premier ministre dit qu’on doit les laisser de coté. Je ne sais pas si c’est la bonne décision. Les villages qui ont disparu de la liste sont favorables au FPI ; c’est nous qui sommes pénalisés. Il faut qu’on se mette d’accord sur la manière de faire le contentieux avant de le lancer à nouveau.

Les cartes d’identité en confection : quelle réalité ?

C’est un cas de fraude. Cela est un véritable scandale que ces cartes d’identité aient déjà été établies. Désarmement. L’effectivité du désarmement, c’est deux mois avant les élections. On n’a pas encore la date des élections. Si on n’arrive pas à cette période et qu’il n’y a pas de désarmement, rassurez-vous, il n’y aura pas d’élection. Sur la question, il ne faut pas se leurrer. Quand les gens font des efforts, il faut les féliciter et c’est pour cela que le ministre Amani a tenu à salué, au nom du chef de l’Etat, la promptitude des FN qui ont joué leur rôle dans la sécurisation des biens et des personnes au moment de la crise née de la dissolution de la CEI et du gouvernement.

Marcel APPENA

Propos recueillis