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Massacre aux Philippines : ouverture du procès du responsable présumé

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 Aux Philippines, le procès d'un membre d'un puissant clan musulman, responsable présumé du massacre « parfaitement planifié », selon le premier témoin, de 57 civils en novembre dernier sur l'île de Mindanao (sud des Philippines), s'est ouvert mercredi 8 septembre 2010 à Manille. Andal Ampatuan Jr, alors maire d'une commune de la province de Maguindanao, est soupçonné d'être à l'origine de la tuerie de 57 civils, dont une trentaine de journalistes, qui accompagnaient un candidat rival à l'élection au poste de gouverneur.
Le premier témoignage de ce procès historique a été produit par l’assistant personnel d’Andal Ampatuan Senior, le père du principal accusé. Un récit qui a bien montré à quel point ce crime semble avoir été prémédité et orchestré par tout le clan, afin d’empêcher leur rival politique de se présenter aux élections.

Ce témoin à charge a en effet relaté la discussion téléphonique qu’il a entendue entre le père et le fils des Ampatuan, dans laquelle le patriarche aurait ordonné à Andal Ampatuan Jr de tuer les membres du convoi intercepté.

Epargner les journalistes

Cependant, le père du clan aurait églement demandé à son fils d’épargner les journalistes. Une requête que ce dernier, à la tête d’une armée d'une centaine d'hommes, aurait refusé de satisfaire, pour ne pas laisser de témoins.

Ce premier témoignage ouvre un procès d’une ampleur hors normes : 200 personnes sont accusées, et 300 témoins doivent être entendus. Certains comparent déjà l'audience au procès de Nuremberg. Mais la justice philippine, en ce qui la concerne, est surchargée, et pourrait mettre près de dix ans à clore l'affaire. Les avocats des victimes appellent donc à la création d’une cour spéciale pour accélérer la procédure.

« il reste encore un très long chemin avant que justice soit faite »

Harry Roque est l'avocat d'une douzaine de plaignants, tous membres des familles de journalistes assassinés. Il se réjouit que le procès ait enfin commencé dix mois après le massacre, mais comme il l'a expliqué au micro de RFI, il demande des aménagements pour accélérer la procédure.

« Aujourd’hui, le procès a finalement commencé, et nous pouvons considérer cela comme un petit succès. Mais c’est également la première fois que nous avons officiellement apporté la preuve qu’un témoin a clairement entendu et vu le patriarche du clan, Andal Ampatuan Senior, et le gouverneur de la région, Zaldy Ampatuan, participer à la planification du massacre.

Cela est en même temps un très petit pas, car ce n’est que le premier témoin, et son témoignage n’est pas terminé, après 3 heures d’audience. Et nous pensons à présent que nous aurons en tout au moins 500 témoins. Donc il reste encore un très long chemin avant que justice soit faite.

Nous allons ainsi proposer deux solutions à la ministre de la Justice, pour accélérer le processus : soit créer une cour spéciale pour ce massacre, soit séparer le procès des 30 principaux accusés les plus importants, et le tenir dans une autre cour. »

RFI