Obama tente de relancer les négociations directes de paix au Proche-Orient
A la fin 2008, l’offensive militaire israélienne contre Gaza avait enterré la Conférence d’Annapolis où l’ancien président américain George Bush avait voulu redonner un peu de lustre diplomatique à sa fin de mandat en ramenant Israéliens et Palestiniens à la table des négociations. L’objectif était alors de réactiver la feuille de route pour un règlement du conflit qui avait été énoncée en 2003, dix ans après les accords d’Oslo tombés dans l’oubli et deux ans après un précédent échec à Camp David.
Cette fois, c’est Barack Obama qui croit pouvoir annoncer la reprise de pourparlers directs à Washington. Et cela, à la veille des élections dites de mi-mandat où le président américain va jouer en novembre prochain sa majorité démocrate au Congrès. Un moment décisif où Barack Obama doit compter avec le lobby pro-israélien ce qui limite grandement sa marge de man?uvre.
Côté israélien, le président du Centre d’information alternative, Michel Varshawsky, estime que dans ces conditions, les pourparlers ont peu de chance de déboucher sur une véritable avancée : « Personnellement je serai très surpris si quelque chose de positif découle de la rencontre au sommet de Washington, à la veille des élections de mi-mandat, à un moment où il est hors de question pour le président américain de faire les pressions nécessaires et indispensables, entre autre, sur le gel de la colonisation. Netanyahu va précisément pouvoir dire à son retour " qu’il n’a cédé sur rien. Au contraire, celui qui a cédé et qui a dû accepter la rencontre au sommet et malgré le fait qu’il n’y ait pas eu gel de la colonisation, c’est Mahmoud Abbas’’. Celui qui reviendra affaibli de cette rencontre sans aucun doute c’est le président Abbas ».
La Ligue arabe pessimiste
Pessimisme aussi à la Ligue arabe. Son ambassadeur en France, Nassif Hitti estime que le cadre des discussions n'est pas propice : « Nous avons toujours appelé à des négociations directes, mais des négociations directes avec le bon cadrage, un calendrier précis et que tous les enjeux qui font le conflit israélo-arabe soient mis sur la table. Malheureusement, il n’y a eu jamais cela. Nous attachons toujours une grande importance à ces négociations, mais en même temps, je ne peux être que sceptique. Je trouve très difficile sur le terrain de maintenir une politique de colonisation très active, - actuellement où il ya plus de 500 000 colons entre Jérusalem-Est et la Cisjordanie-, d’une part et négocier l’avenir des territoires et l’établissement d’un Etat palestinien viable d’autre part. Je vois mal comment on peut avancer ».
Devant leur hôte Barack Obama, Benjamin Netanyahu et Mahmoud Abbas n'ont pas contredit l'émissaire américain George Mitchell qui juge possible de parvenir à un accord de paix globale dans l'année qui vient. Pour sa part, l'opinion israélienne se contenterait bien du statu quo comme le souligne Michel Varshawsky.
Michel Varshawsky, président du Centre d'information alternative
"Il y a un sentiment très fort du non-urgence. Il n'y a pas d'urgence du point de vue de la population israélienne..."
RFI
Obama tente de relancer les négociations directes de paix au Proche-Orient



































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