AbidjanTribune

Monday, May 21st

Last update:03:42:58 PM GMT

Headlines:
You are here: Top News - Abidjan Tribune Sortie de crise: Voici les propositions de la CSCI

Sortie de crise: Voici les propositions de la CSCI

Envoyer Imprimer PDF
 La Convention de la Société Civile Ivoirienne (CSCI) a tenu sa deuxième Convention Générale Extraordinaire les 05 et 06 janvier 2011 à la Bibliothèque Nationale. L’objectif principal était de proposer des solutions pouvant aider à sortir la Côte d’Ivoire de l’impasse post électorale actuelle. Les recommandations suivantes ont été faites.

I –Au titre de l’apaisement du climat social post électoral

I-1- Concernant les médias

Le pays n’étant pas en guerre, la raison d’Etat invoquée pour confisquer les médias publics à des fins de propagande au profit d’un seul camp est inopportune. Les dispositions suivantes devront être prises avec urgence :
- amener les organes de régulation, notamment le Conseil National de la Communication Audiovisuelle (CNCA), à faire leur travail avec beaucoup plus de rigueur, de vigilance et de professionnalisme ;
- arrêter la propagande politique et la diffusion de messages de haine et de violence dans les médias publics ;
- assurer un traitement équilibré et impartial de l’information dans les médias publics, notamment la RTI (Radiodiffusion Télévision Ivoirienne).
- assurer l’accessibilité des médias publics à toutes les personnes physiques et morales ;
- assurer la couverture de toute l’étendue du territoire national par la RTI;
- prévoir des tranches horaires dans les programmes de la RTI pour l’éducation civique et citoyenne ;
- faire des émissions dans les langues nationales pour promouvoir la paix et la cohésion sociale ;
- autoriser la réouverture de tous les médias internationaux fermés, dans le strict respect des lois nationales ;
- fermer les médias (écrits et audio-visuels) qui échappent au contrôle du CNCA et du CNP, sur toute l’étendue du territoire national. Ces médias devront, avant d’émettre, se conformer aux lois et règlements en vigueur en Côte d’Ivoire ;
- accorder une plus grande représentation de la société civile dans les organes de régulation (CNCA et CNP).

I-2- Concernant les partis politiques

La CGE a déploré une radicalisation dans les discours et les comportements des partis politiques. Par conséquent, la CGE demande aux partis politiques de :
- éviter le recours aux considérations ethniques, régionales ou religieuses ;
- éviter l’usage d’armes et de la violence comme moyens d’expression et d’action ;
- éviter l’usage des moyens de l’Etat (finance, personnel, matériel, force publique) dans les actions ;
- faire preuve de modération dans leurs prises de position politique ;
- respecter le code de bonne conduite des partis politiques ;
- éduquer les militants à la tolérance et aux valeurs démocratiques.

Enfin, la CGE demande aux deux protagonistes (MM. Gbagbo et Ouattara) d’adresser des messages d’apaisement à leurs militants, à diffuser dans les médias publics.

I-3- Concernant les Forces Armées

La CSCI déplore les attitudes partisanes et bellicistes des FDS et FAFN. Elle demande donc :
- la cessation immédiate, par les FDS et FAFN, de toute hostilité, de défiance ou d’annonce d’intention d’hostilité;
- la réactivation du Centre de Commandement Intégré (CCI) et sa dotation en moyens conséquents pour accroître son efficacité;
- l’encadrement pacifique des marches et des manifestations conformément à la législation en vigueur ;
- la libération immédiate et sans condition du quartier général du RHDP ;
- la levée immédiate du blocus de l’hôtel du Golf imposée par les FDS ;
- la cessation des rackets sur les routes, entrainant parfois les mouvements de grèves dans le secteur des transports ;
- l’arrêt immédiat dans les zones CNO des blocages récurrents des convois de ravitaillement du marché national en vivres et en bétail ;
- le non recours à toute intervention armée pour le règlement de la crise.

Enfin, la CSCI demande que les négociations pour la sortie de crise ne s’enlisent pas et qu’elles permettent un dénouement rapide.

II- Au titre de la gestion et de la sécurisation des prochaines élections


La CSCI note que des problèmes et des défaillances ont été constatés dans la gestion et la sécurisation du deuxième tour de l’élection présidentielle en Côte d’Ivoire. La CEI et le Conseil Constitutionnel sont en partie responsables de l’impasse post électoral actuel que vit le pays. En conséquence, la CSCI suggère :
- la reconstitution entière de la CEI et son administration par la société civile ;
- le remaniement partiel du Conseil Constitutionnel en vue du renforcement de son impartialité et de sa crédibilité ;
- le désarmement total de tous ceux qui détiennent illégalement des armes en Côte d’Ivoire ;
- la réunification effective de l’armée ivoirienne

III- Au titre du rôle de la communauté internationale


La CSCI reconnait l’importance du rôle joué par la communauté internationale dans la sortie de crise. Elle note cependant que le mandat, les prérogatives et les activités et de la communauté internationale sont souvent méconnues et mal compris par les ivoiriens.

La CSCI suggère donc :
- que l’Opération des Nations Unies en Côte d’Ivoire (ONUCI) poursuive ses missions en Côte d’Ivoire, mais que celles-ci soient davantage expliquées aux populations ;
- que les forces impartiales complémentaires ne comprennent pas de ressortissants de la CEDEAO et que leur désignation soit faite en accord avec les autorités nationales ;
- que les structures internationales appuient les organisations nationales sans se substituer à elles et sans les concurrencer.

IV- Au titre du dénouement du bicéphalisme au sommet de l’Etat.

La CSCI propose la poursuite des négociations jusqu’à la fin du mois de Janvier 2011. En cas d’échec des négociations, elle conseille la reprise de l’élection présidentielle conformément à l’article 64 du code électoral, en ayant réuni les conditions d’une meilleure sécurisation et d’une totale transparence des élections.
Enfin la CSCI propose, parallèlement aux efforts de négociation et de médiation internationale en cours, la constitution d’un groupe de médiation nationale comprenant la société civile, les confessions religieuses, les organisations professionnelles et syndicales et la chefferie traditionnelle.

Fait à Abidjan le 06 Janvier 2011.

La Convention Générale Extraordinaire de la CSCI